Camps de ségrégation - Etats Unis 1942

Publié le par Mimi

[… les Japonais-Américains se considèrent comme relativement bien intégrés à la population américaine. Pourtant, ils furent victimes par le passé d’une discrimination unique dans l’histoire des États-Unis. Après l’attaque de Pearl Harbor (7 décembre 1941), tous les immigrants d’origine japonaise, citoyens américains ou non, reçurent l’ordre d’évacuer leur lieu de résidence en vertu du décret du 18 février 1942 (Executive Order 9066), dès le 1er avril de la même année. Ils furent internés dans des camps provisoires d’abord, permanents ensuite, pour une durée d’un à trois ans. À l’époque, environ 127 000 personnes d’origine japonaise vivaient aux États-Unis, dont 112 000 sur la côte Ouest (Arrington, 1997 : 11). Les documents historiques font mention de 110 000 prisonniers répartis dans dix camps. Cette période infamante est rendue paradoxalement glorieuse par la participation à la guerre de plus de 33 000 « Nisei », les immigrés de deuxième génération (njahs, 1991 : 13).

Cet ensemble de contradictions fait de la guerre un moment à la fois tragique et glorieux de l’histoire des Japonais-Américains, un moment de discrimination et d’intégration...] Source : Mémoire des camps américains. L’exemple japonais par Élise Prébin paru dans Les Ateliers du LESC


tule-lake.jpgcamp de ségrégation de Tule Lake

 


Dans sa thèse, Elise Prébin explique comment, ce que fut pour les nord-américains un acte xénophobe et économique, a été ressenti par beaucoup de japonais-américains de seconde génération comme une assimilation dans la société américaine.

Il n’en fut malheureusement pas ainsi pour tous les Nisei. Jimmy Tsutomu Mirikitani a lui aussi été interné dans un de ces camps en 1942. Il a vécu ça comme une grande douleur qui l’a mené à vivre dans la rue pendant de nombreuses années... Jusqu’à ce que l’histoire se répète, un 11 septembre 2001. Ce jour là, les Etats-Unis subissent une attaque sur leur territoire, avec comme seul précédent l'attaque de Pearl Harbor, et mettent en place toute une série de mesures visant à traquer l’ennemi de la nation. Jimmy est recueilli par une jeune femme travaillant dans le cinéma : Linda Hattendorf. Il commence à lui raconter sa vie, le camp de Tule Lake où il a été enfermé, son horreur de la guerre et son ressentiment contre cette nation qui l’a vu naître et qui soudain l’a rejeté alors que pour lui, rien ne comptait plus que l'art et la paix.

 
De cette rencontre est né un documentaire bouleversant : Les chats de Mirikitani.
 


Pour en savoir plus (sites en anglais) :
http://www.tulelake.org/
http://www.nps.gov/history/history/online_books/anthropology74/ce1.htm

 

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