Issu de l'Immigration

Publié le par Mimi

Ou comment on en est arrivé à un ministère de l’immigration en France sans que (presque) personne ne trouve à y redire…

Je me souviens, c’était en novembre 2005. Il avait parlé de kärshériser les banlieues. Et parce qu'on l'accusait d'avoir mis le feu aux poudres, un de ses sergents tentait d’expliquer qu'il ne comprenait pas pourquoi on lui en voulait alors qu'il était le seul homme politique à défendre la discrimination positive...

Je n'ai jamais compris comment une discrimination pouvait être positive...

Avec lui le terme "issu de l’immigration" est devenu à la mode. Préfet issu de l’immigration, journaliste issu de l’immigration, malfrat issu de l’immigration… Sous entendu immigration africaine… Lui, il ne se nommait pas ministre issu de l’immigration.  

Aujourd’hui, on le félicite de mettre en avant des ministres issus de l’immigration. Et les intellos font remarquer qu’on a encore du chemin à faire parce qu'il n’y a pas de députés issus de l’immigration à l’assemblée… Sous entendu immigration africaine… Pourtant Estrosi, Karoutchi, Kosciusko, Novelli, Iborra, Devedjian, Benisti, Heinrich, Bartolone, Kossowski, Moscovici, Bianco, Dell'Agnola, Juanico, Emmanuelli, Filippetti, Gandolfi, Lazaro, Leonetti, Mesquida, Morano, Poniatowski, Renucci, Victoria ne sont pas des noms a consonance française… Et Sarkozy non plus, d’ailleurs.

Il y a donc deux immigrations en France : celle qu'on ne remarque pas et celle qu'on voit, celle qu'on assimile et celle qu'on montre du doigt, celle qui peut rester et celle qui doit être karshérisée... Celle a qui on tend la main et celle pour qui on crée un Ministère de l'Immigration, de l'Intégration, de l'Identité Nationale et du Codéveloppement...

J’ai toujours pensé que si on naissait en France on était Français. Même si mon père a du attendre d'être majeur avant d'avoir cette nationalité alors qu'il n'avait jamais mis le pied sur le sol natal espagnol de ses parents. Après deux générations, devrais-je me présenter comme issue de l'immigration ? En y réfléchissant, pourquoi pas... par provocation.




On n'choisit pas ses parents, on n'choisit pas sa famille

On n'choisit pas non plus les trottoirs de Manille
De Paris ou d'Alger
Pour apprendre à marcher
Etre né quelque part
Pour celui qui est né
C'est toujours un hasard...

Etre né quelque part
C'est partir quand on veut,
Revenir quand on part...

Est-ce que les gens naissent Egaux en droits
A l'endroit
Où ils naissent
Que les gens naissent
Pareils ou pas

On n'choisit pas ses parents, on n'choisit pas sa famille
On n'choisit pas non plus les trottoirs de Manille
De Paris ou d'Alger
Pour apprendre à marcher

Je suis né quelque part
Laissez moi ce repère
Ou je perds la mémoire...

(Né quelque part - Maxime Le Forestier)

Publié dans libre expression

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